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Bannir le plastique des cuisines centrales : la Semelog invente un modèle

  • Industrie / Production durable

Depuis janvier 2026 à Villeneuve-la-Garenne (92), la Semelog, société d’économie mixte locale, propose une solution clé en main pour la restauration collective scolaire : fournir et laver des contenants alimentaires réemployables en inox. Première infrastructure de ce type, ce service mutualisé permet aux cuisines centrales de réduire significativement les déchets plastiques liés aux contenants à usage unique.

mai 2026

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Une réponse concrète au défi du plastique

Comment bannir le plastique de la restauration collective sans alourdir les coûts pour les collectivités ? Pour se mettre en conformité avec les lois AGEC et EGalim, les cuisines centrales se heurtent aujourd’hui à deux obstacles majeurs : le manque d’espace pour installer des zones de lavage adaptées au réemploi des contenants et les coûts élevés des équipements et de la logistique dédiés à ce réemploi. Pour Gilbert Branchet, directeur de la Semelog : « Les collectivités n’ont pas forcément les moyens d’investir autant pour le lavage, les bacs et de nouvelles lignes de conditionnement pour l’inox, et n’ont pas les personnels formés à mobiliser pour les opérations de lavage tout en garantissant la qualité de lavage et le moindre impact sur le coût repas ».

C’est pour trouver une réponse mutualisée à ce problème que deux grands syndicats intercommunaux de restauration collective d’Île-de-France, Tables Communes et le SYREC, se sont associés en 2018. La Semelog est née en 2022. Son objectif : éliminer les contenants alimentaires plastiques à usage unique et structurer une filière de lavage et de réemploi des contenants.

Lois EGalim et AGEC : le cadre réglementaire pour une restauration durable

La loi EGalim (2018) impose aux cantines scolaires et restaurants collectifs d’éliminer progressivement les emballages plastiques à usage unique, avec une interdiction totale depuis janvier 2025. Elle vise aussi à intégrer davantage de produits bio et locaux dans les menus.

La loi AGEC (2020), contre le gaspillage et pour une économie circulaire, renforce ces obligations en étendant l’interdiction du plastique jetable à tous les secteurs de la restauration collective. Elle encourage le réemploi et la réduction des déchets, avec des objectifs concrets comme la baisse de 20 % des emballages à usage unique d’ici 2027.

Un procédé robotisé innovant en cours de brevet

Pour relever ce défi, la Semelog a développé un procédé industriel inédit qui combine robotisation avancée, intégration de capteurs pour gérer les cadences et les conditions dans l’usine (température, humidité) et système de traçabilité des contenants. Ces derniers sont identifiés par des QR codes uniques gravés au laser sur les matériels. 

Dans une usine implantée sur un site de 5 000 m², la mutualisation a permis d’investir dans neuf tunnels de lavage. Ceux dédiés au lavage des bacs inox mesurent 24 mètres de long et intègrent, dans une séquence continue, le prélavage, le lavage, le rinçage et le séchage des contenants. « Dans les tunnels, les jets atteignent 10 bar de pression, ce qui permet de décoller les résidus de cuisson avec moins d’eau qu’un lavage classique. Les bacs ressortent ainsi propres et secs grâce aux différents modules de séchage. Cette pression importante permet enfin d’éviter de demander aux personnels des cantines de prélaver les contenants. Cela fait gagner du temps et évite l’usage de produits chimiques agressifs », explique Gilbert Branchet.

Les phases en amont et en aval des tunnels sont opérées par 22 robots, l’ensemble des automatismes et de la robotisation a été mis en place par Equans (groupe Bouygues). En sortie de tunnel, le contrôle qualité s’effectue avec des caméras qui intègrent de l’intelligence artificielle : ce procédé permet de vérifier la propreté, le niveau de séchage et l’intégrité physique des matériels. Autre bénéfice du procédé : le système automatisé réduit la pénibilité pour les opérateurs en limitant les mouvements répétitifs générateurs de troubles musculo-squelettiques.

Un principe innovant de « service à l’usage »

Quant au modèle économique du dispositif, il repose sur un principe de service à l’usage : les collectivités ne sont pas propriétaires des contenants. La Semelog leur propose une offre complète selon la logique «as-a-service » permettant de porter à leur place de nombreuses dépenses : elle gère l’approvisionnement, la rotation, le nettoyage industriel, le contrôle qualité, le stockage sous atmosphère contrôlée et la traçabilité des matériels.

Pour soutenir les investissements nécessaires au bon fonctionnement de l’unité de lavage, laSemelog bénéficie d’une subvention de 999 000 € de l’ADEME, via le dispositif 2023 « Aides au réemploi des emballages ». Aujourd’hui opérationnelle pour 60 000 repas par jour, la structure vise 90 000 repas à partir de septembre 2026, puis 120 000 en 2027, pour un objectif final de 160 000 repas quotidiens au bénéfice de plus d’une vingtaine de collectivités territoriales. « Chaque jour, la Semelog lavera 40 000 contenants inox. Mis bout à bout, cela représente près de 13 km, soit l’équivalent d’un tiers du périphérique parisien de plastique jetable évité quotidiennement ! », s’enthousiasme Gilbert Branchet. Au-delà de sa capacité industrielle, la Semelog génère aussi un fort impact social : 70 emplois ont été créés, dont 60 en insertion.

En savoir plus
  • Le site de la Semelog
  • Le dispositif ADEME « Aides au réemploi des emballages »
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  • #alimentation
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  • #restauration
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